Le Royaume imaginaire de Ştefan Bǎnulescu

Ştefan Bănulescu | September 19, 2008
Critic: Paul Cernat
Translated by: Fanny Chartres

 

Auteur d’une oeuvre concentrée et énigmatique, inépuisable dans son architecture fabulatrice, Ştefan Bǎnulescu est l’un des prosateurs les plus importants et les plus prestigieux de la Roumanie de l’entre-deux-guerres. Huitième fils d’une famille de paysans, il est né à Fǎcǎieni, village situé dans la plaine du département de Lalomiţa.  Selon de nombreuses sources, il serait né en 1929, même si l’auteur a lui-même volontairement entretenu un certain mystère autour de cette date. Après ses études dans un lycée de Cǎlǎraşi (section roumain-latin), le futur écrivain suit, dans les années 40, des cours à la Faculté de Droit puis à la Faculté de Lettres, en pleine période d’instauration du communisme soviétique. Il débute en tant que journaliste dans la revue Viaţa româneascǎ ( La Vie roumaine) en 1949, avec un essai sur Gogol, tandis que ses premiers pas éditoriaux – moins significatifs – ont lieu avec des reportages-essais réunis en 1960 dans le recueil intitulé Drum în cîmpie (Chemin de plaine). Quelques-uns de ses essais consacrés aux lieux de grands écrivains roumains: Realitatea în cǎutarea ficţiunii ( La Réalité à la recherche de la fiction) autour de Liviu Rebreanu et Haimanale-Ploieşti-Mizil-Bucureşti  autour de Ion Luca Caragiale, publiés dans la presse de l’époque, seront inclus ultérieurement dans l’ouvrage de 1976, Scrisori provinciale (Lettres de province) –dont le premier titre avant la censure était Scrisori din provincia de Sud-Est (Lettres de la province du Sud-Est) –; tandis qu’une série de poèmes apartenant au registre du folklore et dispersés à travers les mêmes publications composeront, en 1968, le recueil intitulé Cîntece de cîmpie (Chants de plaine), inclu en 1971 dans l’addenda de son recueil de nouvelles. Cependant, le volume de nouvelles Iarna bǎrbaţilor (L’hiver des hommes), publié en 1965, est considéré comme étant le véritable début éditorial de Ştefan Bǎnulescu. Traduit par la suite dans les principales langues européennes: allemand, français, espagnol, russe, serbe, polonais, tchèque, hongrois, le livre comprend des textes publiés entre 1963 et 1964 dans les revues Gazeta literarǎ ( La Gazette littéraire) et Luceafǎrul (Lucifer), tandis que son édition définitive de 1979 comportera quelques remaniements de l’auteur. L’écrivain recevra pour ce titre le Prix de la meilleure prose remis par l’Union des Ecrivains et sera rapidement consacré comme l’un des prosateurs de premier-plan du „dégel” post-staliniste. Il bénéficie de bourses dans des universités étrangères (Urbino, Iowa, plus tard Berlin), il devient vice-président de l’Union des Ecrivains puis, durant un court moment, rédacteur en chef de la revue Luceafǎrul (1968-1971) dans la période la plus „réformiste”, d’un point de vue littéraire et, en même temps, la plus relâchée du régime communiste roumain. Après Cartea de la Metopolis (Le Livre de Métopolis), premier et seul volume d’un projet - Cartea Milionarului (Le Livre du Millionnaire) - qui devait en compter quatre, Bǎnulescu, gravement affecté – comme Borges! – par une maladie oculaire entre dans une éclipse éditoriale même s’il continue – au cours des années 80-90 – à publier périodiquement dans des revues quelques textes, mémoires et extraits issus de Cartea Dicomesiei (Le Livre de Dicomesie), le deuxième volume de la tétralogie Cartea Milionarului. Elegii la sfîrşit de secol (Eloges en fin de siècle) publié en 1997 mélange fiction et essai autobiographique, dans la même lignée que  Drum în cîmpie, poursuivie ensuite avec Scrisori din provincia de Sud-Est.

Iarna bǎrbaţilor reprend dans un style très personnel la ligne archaïsante, mythico-fantastique de la prose de Mihail Sadoveanu, Mircea Eliade et Vasile Voiculescu, élévant la prose rudimentaire et pittoresque d’écrivains de la plaine comme Panait Istrati, Zaharia Stancu ou Fǎnuş Neagu au pouvoir de la cérébralité spéculative. Le filtre „livresque” des traditions folkloriques reprend les rêveries „archéologiques” érudites d’ Alexandru Odobescu – maître du 19ème siècle – tandis que la caractériologie ironique renoue le fil avec la littérature épistolaire de Costache Negruzzi et l’esthétisme cérémonieux, distant  de la prose de Mateiu Caragiale. Il existe aussi d’autres ingrédients possibles qui composent l’unicité de Bǎnulescu. La critique a parlé, à juste titre, d’une stylisation expressionniste du folklore des plaines et, par extension, de tout l’univers imaginaire présent dans Iarna bǎrbaţilor. Dans une même mesure, nous pouvons parler, d’une transformation „alchimique” qui se traduit par une prose marquée d’une empreinte identitaire inconfondable. Le décor est, en règle général, celui des étangs du Danube et de la steppe du baragan, notamment dans Mistreţii erau blînzi (Quand les sangliers étaient doux), Dropia (L’Outarde), Satul de lut (Le Village en argile), Varǎ şi viscol (Eté et tempête) ou Masa cu oglinzi (La Table à miroirs), mais Gaudeamus[1] ouvre également une brèche sur le vieux Bucarest dévasté par la guerre. Se situant en dehors de toute Histoire, de manière presque archaïque, les territoires brûlés par la sécheresse des étés et marqués par la cruauté des hivers et l’ennui des villes de province „où rien ne se passe” sont envahis par la menace de l’Histoire (les armées, les réfugiés etc.) et par des hommes d’affaire comme Bazacopol, s’ouvrant en même temps vers la vie intellectuelle de la Ville. Gaudeamus est massivement traversé par les images de la Capitale (avec une récupération pré-estudiantine des souvenirs de guerre et de la désertion/”retour à la maison”), tout comme les nouvelles intégrées dans l’édition de 1971: Vieţi provizorii (Vies provisoires) – avec l’extension vers la mythologie étrange de la plaine explorée dans le roman Cartea Milionarului  - et Casa cu ecouri tîrzii (La Maison aux échos tardifs), une nouvelle très courte où les échos de Mircea Eliade prennent un air à la Borgès: le protagoniste, entré dans une vieille maison, sans horloges ni calendriers, d’une parente très âgée – l’ancienne actrice Cuna Bogomileanu – parvient à vivre hors du temps, dans une sorte de „futur du passé”...

Dans l’ensemble, Iarna bǎrbaţilor offre une variante „spécifique locale” de réalisme magique, découvert en Roumanie dans les années ’60 par l’intermédiaire des écrivains sud-américains: une veine orientale, balkanique et „sudiste”, fortement fabulatrice. La majorité des nouvelles se déroule, en fait, dans le vide entre deux mondes, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et avant l’instauration du communisme: expérience traumatique pour les enfants/adolescents de l’époque, la guerre alimente par les images et les traces laissées dans les consciences une bonne partie de la prose de la „génération ‘60” (D.R. Popescu, Fǎnuş Neagu etc.) Lui-même apparu dans un moment de passage entre deux étapes du système, à la frontière de la stalinisation et du „dégel” post- communiste, l’ouvrage réussit malgré tout à éviter le piège des concessions idéologiques. Les ingérences se traduisent seulement – et tout au au plus! – par les quelques signes „optimistes” en direction du „nouveau monde” (surtout présents dans Varǎ şi viscol, Masa cu oglinzi et Gaudeamus, revus, ultérieurement , non par hasard, par l’auteur).

En disloquant les traditions du village de plaine, la guerre et les changements historiques destabilisent les identités. Un village éloigné  jusqu’alors  du monde déchaîné et ancré dans les rythmes archaïques. Le temps, la perception temporelle sont eux aussi disloqués, offrant alors une mémoire des faits relativisée. C’est non seulement l’ancien monde de la plaine qui s’effondre, mais aussi l’ancien monde de la Ville, soit celui de la province ou même de Bucarest. Ebranlé, fissuré, le réel va être envahi par des légendes et des mystifications, vivant sous le régime de l’incertitude, du colportage d’informations contradictoires. L’illusion, le mythos, l’imaginaire se vengent. C’est ainsi que nous arrivons à une dimension importante de la prose de Ştefan Bǎnulescu, discrètement abordée dans Iarna bǎrbaţilor (surtout dans les nouvelles de ton „urbain”), amplifiée dans Scrisori provinciale (1976) et portée à son apogée dans le roman Cartea de la Metopolis (1977). Il s’agit du byzantinisme crépusculaire, fabulateur et hermétique. Les anciens vestiges de Byzance ont disparu (ou sont dissimulés ?) et l’ancien Régime de la plaine du Bǎrǎgan, agressé par la modernisation,  subit alors le  „déclin des dieux” . Tout est double, et „ce qui se voit” en apparence détient une dimension mystérieuse, souterraine, dissolvante: presque plus rien ne possède de fondament stable. Cette dimension fabuleuse, relativiste-spéculative – et, à partir d’un certain point, méta-fictionnelle, non dénuée d’une discrète ironie – place Bǎnulescu dans la famille des écrivains que sont Borges et Ernst Junger. Personne, parmi les prosateurs de sa génération, ne s’est révélé plus „résistant” à la bourse des valeurs esthétiques du postcommunisme (et du postmodernisme).

Les nouvelles de Iarna bǎrbaţilor communiquent entre elles par divers personnages mythiques (L’ouvrier millionnaire du récit, Andrei Mortu, le brigand aux nombreuses vies opérant dans la zone des étangs du Danube, Vica, sa présupposée fille qui monte la tête à tous les hommes, Constantin Premier le Perdu, „le roi fou de la plaine”, le dernier – un adolescent analphabète et déphasé, capable de calculer de tête les opérations les plus compliquées...), ou par les descendants d’une ancienne famille de la région (Lǎscǎreanu, Bogomileanu) ou des personnages plus récents (l’industriel Bazacopol, l’étrange cocher) et par les vers magiques-incantatoires, folkloriques, rituellement prononcés par les paysans (ainsi nommés „chants de plaine”). Cet ensemble constitue les „éléments principaux de genèse” de Cartea Milionarului. D’autre part, Cîntecele de cîmpie constituent, selon l’affirmation de l’auteur, des „documents lyriques sur la spiritualité des personnages”. Organiquement née de la représentation de l’espace natal, le monde littéraire de Ştefan Bǎnulescu  est un univers autonome fabuleux, avec une géographie, une histoire et une mythologie propres, une „province imaginaire” comme Yoknapatawpha de Faulkner ou le Macondo de Marquez. Mais une „province de Sud-est”, post-byzantine, au carrefour des chemins et des civilisations. A une époque où la propriété individuelle – y compris en littérature – est regardée d’un mauvais oeil, Bǎnulescu compte parmi les auteurs roumains qui, à travers différentes stratégies d’échappement, colonisent et administrent un territoire fictionnel d’usage propre, unique et inconfondable. Parmi les nouvelles purement rurales, doté d’un substrat païen – comme peuvent l’être l’apocalyptique et diluviale Mistreţii erau blînzi ou la chimérique, l’énigmatique Dropia – et les nouvelles aux insertions urbaines, dominées par la présence sombre de la guerre, „les vases communiquants” sont les mêmes que ceux reliant Iarna bǎrbaţilor, Scrisori provinciale et Cartea Milionarului. Certaines d’entre-elles seront rétrospectivement éclairées par Elegiile la sfîrşit de secol. Des pièces de référence de l’original „épistolaire” de 1976, comme Inefabilul (L’Inéffable), Un viscol de altǎdatǎ (Tempête d’autrefois) ou Un alt colonel Chabert (Un Autre colonel Chabert) prolongent le style de  Vieţi provizorii et Casa cu ecouri tîrzii. Dans l’ensemble, les textes de cet auteur s’organisent dans le puzzle d’un „royaume imaginaire”, tel un réseau fascinant de significations que personne ne pourra jamais complètement élucider. 

Même s’il prend sa source au coeur du réel, sans éviter le ton du reportage, du journal ou des mémoires,  Bǎnulescu n’est pas un écrivain réaliste, tout comme il n’est pas – et ne sera jamais – un écrivain fantastique. Cependant, ses textes contiennent une dose d’”ineffable” réflexif, de mystère, dans laquelle ce qui est dit a pour vocation de mettre en valeur ce qui est tu: les hommes parlent par allusions, „à tort et à travers”, avec des silences qui font sens.  Ils accèdent naturellement aux dimensions secrètes des choses, des natures cosmiques, à un „au-delà” relevant d’une expérience ancestrale. Le style est austère, cérémonial et réduit à son sens profond, sans pour autant être dénué d’une touche de „désuétude” diffuse; la composition – discrète-moderne, avec des changements soudains de plans, est pleine de significations qui glissent entre nos doigts.  Ici, l’atmosphère naît, non pas de l’opulence esthétisante, baroque de la description  mais, au contraire, de la sobriété de la description. Le détachement classique de la voix chargée de mélancolie et d’ironie, ainsi que  l’affectivité – réprimée, dirigent ces écrits.  Tout, dans la prose de cet auteur, est spiritualisé et ambigu, et l’inexplicable, l’énigmatique assurent le principe même de fonctionnement du monde de fiction, dans lequel les pratiques rituelles, magico-folkloriques coexistent avec la sapience culte mise en scène avec soin. Ainsi, l’outarde, l’oiseau en voie de disparition de la nouvelle homonyme, peut être vue comme une chimère, comme un mirage vers lequel les deux étrangers se dirigent à travers la plaine, et que d’autres „parents” cherchent, en secret, pendant la nuit. Mais elle peut également être interprêtée comme un fantasme érotique: la femme, invisible, de Paminode Dǎnilǎ, disparue jadis et toujours recherchée par l’un des voyageurs. En général, les textes de Bǎnulescu symbolisent une quête vague, nébuleuse. Au cours de leur parcours, les „nouveux-venus” dans l’ancien monde de la plaine découvrent des communautés et des destins via les contes et les légendes colportés.  Orfèvre en la matière, l’auteur alterne le récit à la troisième personne et celui à la première, cultivant avec une sagesse „byzantine” l’ambivalence et le non-dit, laissant l’impression qu’il en sait moins que ses personnages. Une technique de prédilection, „brevetée’ dans la période de l’entre-deux-guerres par Mateiu Caragiale dans Sub pecetea tainei (Sous le sceau du secret), mais également valorisée par d’autres prosateurs importants dans les années  ’60-‘80 (d’ Alice Botez à Mircea Ciobanu en passant par Ştefan Agopian) est celle du vide informationnel, de l’éllipse, de  la lacune historique et biographique dans laquelle la fabulation, la contrefaçon ou le mythe s’installe. Comme chez les maîtres de l’Orient, l’illusion devient plus puissante que le réel. Au fond, la plaine – brûlée par le soleil, déserte, sans fin, aride – évolue, ne l’oublions pas, sous le signe du mirage. Une métaphore et une mise en abîme de cette condition se retrouvent dans l’ample et fragmentée Masa cu oglinzi: là, un individu anonyme et raté, gogolien (Ion Popescu) construit, dans le parc d’une ville de plaine „qui ne se voit pas”, une table aux miroirs installée de façon à modifier les perceptions des passants. Les récits appartiennent souvent à des personnages manifestant des vélléités artistiques, mais ayant aussi des perceptions déformées par la sécheresse, errant au milieu de la plaine déserte vers laquelle se dirigent les armées russes... Dans Satul de lut, un voyageur recherche, dans un monde dévasté, les traces d’un facteur disparu sur le front avec son régiment. Le croyant mort, la femme du facteur se remarie avec un vieil estropié („le frère de l’instituteur”) du village F. et se fait tuer lors d’un bombardement. Au même moment, le guide du narrateur perd également la vie: un compositeur de lieds, ancien prêtre, qui avait l’intention d’écrire une symphonie intitulée Satul de lut (Le Village de glaise)… Ironie du sort, quelques années plus tard, le narrateur découvre dans un journal la photographie du disparu qui, surprise, semble avoir survécu...  Dans Vieţi provizorii (la meilleure nouvelle de l’ouvrage, avec Mistreţii erau blînzi), les rapports entre le mythe, l’histoire, la biographie et la contrefaçon identitaire sont problématisés sur le modèle d’une prose aux allures rétro, peuplée de personnages étranges, sublimes et ridicules à la fois, aux trajectoires existentielles brisées ou effacées par la parenthèse des années ‘50.

Mistreţii erau blînzi, la nouvelle-phare qui ouvre en force Iarna bǎrbaţilor, peut être perçue aussi bien comme l’image apocalyptique du déluge destructeur, que comme la métaphore optimiste de la libération, du dégel.  Son écriture présente un caractère excentrique par rapport au reste des textes du volume, tant du point de vue narratif que géographique. L’histoire de passe pendant le dernier hiver de la seconde Guerre Mondiale (il est dit, quelque part, en passant, que „Rommel est encore en Afrique”). Le cadre n’est plus le Baragan, ni les étangs de Borcea et lalomiţa, mais un village de pêcheurs dans le Delta du Danube -  par conséquent, une extrémité de la province de Bǎnulescu. La nouvelle présente – à la différence des autres – un ton épique traditionnel, fluide et dynamique: face aux eaux qui menacent de tout envahir, une famille de pêcheurs Lipovènes – Condrat et Fenia – traverse le Delta dans une barque, cherchant parmi les dunes de sable ferme, le terrain ferme où ils pourront enterrer leur enfant mort.  Mais le sable ne résiste pas aux eaux et „ce que retirait Condrat, revenait toujours”. Le malheureux pêcheur est accompagné d’un diacre appelé Ichim, faisant office de prêtre, qui se présente comme un „esprit élevé”, „incompris”, perdu parmi les villageois tel Ovide à Tomis… A son tour, Vica, la femme volage, qui séduit tous les hommes de la région, entre en scène: source de légendes (certaines ayant une charmante saveur balkanique), bannie telle une sauvageonne et désirant „retrouver sa place dans le monde”, elle affronte la jalousie de Fenia lorsqu’elle leur propose son aide. Menacés par les flots du Danube – déchaînés à cause du brusque réchauffement du temps - Condrat, Fenia, le diacre, Vica et les deux  chanteurs populaires qui les accompagnent (appelés pour chanter à l’enterrement des chants de fêtes!) se réfugient dans l’école du village, où l’enfant sera enterré, l’abécédaire et les cahiers sur la poitrine. C’est à ce moment que surgit un troupeau de sangliers „doux” avec, à sa tête, un „empereur” connu du nom de Vasile. Leur apparition provoque chez les hommes du village un éclat de rire collectif – sain, optimiste, libérateur. Leur solidarité conjoncturelle contraste avec l’”égoïsme” de Fenia, méfiante face à l’”hérétique”, l’impulsive et vitale Vica. La nouvelle s’achève donc sur le triomphe du naturel collectif.  Mais le volume se ferme aussi dans une atmosphère marquée par l’énigmatique, l’isolement et le crépusculaire. C’est ici, entre ces flots, que navigue toute la prose exceptionnelle de Ştefan Bǎnulescu.



[1] Gaudeamus : chant roumain paillard d’église .

 

About this issue

This July, The Observer Translation Project leaves its usual format to present a special CRISIS ISSUE. Things are tough all over. Hard Times suddenly feels like the book of the moment. The global economic crisis impacts life as we know it, and viewed from Bucharest the effects reverberate in domains that include geo-politics and publishing in Romania and abroad, with the crisis at The Observer Translation Project as an instance of a universal phenomenon. read more...

Translator's Choice

Author: Stelian Tănase
Translated by: Jean Harris

From Maestro: A Melodrama. Episode 7

Emiluţa has an unfortunate thought. She’ll throw herself off the top of the building. Why? What the fuck? Let’s say for the cause of PeaceonEarth, for the slumdogs, Europe, for the lonely. Which is to say she doesn’t have a ghost of a reason. Viva Walachia! The way things stand, if ...

Translator’s Note
Translator’s Note: a synopsis
Author: Ştefan Agopian
Translated by: Ileana Orlich

How I Learned to Read (from Tache de Catifea / The Velvet Man)

The bearded man was the owner of an apothecary shop where he worked with two apprentices. Nobody paid me any mind, so I spent all day in what was supposed to be the shop. I say this because it was a large, dark room full of odors—a mix of smells from everywhere. The room hadn’t been cleaned ...

Translator’s Note
Re: Learning to Read, from Tache de catifea / The Velvet Man
Author: Gabriela Adameşteanu
Translated by: Patrick Camiller

Wasted Morning - Napoleon in Bucharest

“What you’ve got here is heaven on earth,” Vica says as she drops onto the kitchen chair. “But where’s your mother?” “At work,” Gelu lazily replies, leaning sideways against the door. “She’s doing mornings this week, didn’t you know?” He is tall and thin, with unset ...

Author: Petre Ispirescu
Translated by: Jean Harris

Youth Without Age and Life Without Death

It happened once as never before-y, ‘cause if it couldn’t be true, it wouldn’t make a story about the time when the poplar tree made berries and the willow tree broke out in cherries, when bears began to brawl with their tails, and wolf and lamb, unfurling their sails, threw arms around each ...

Translator’s Note
On Petre Ispirescu
Exquisite Corpse

Planned events in Cultural Agenda see All Planned Events

17 December
Tardes de Cinema Romeno
As tardes de cinema romeno do ICR Lisboa continuam no dia 17 de Dezembro de 2009, às 19h00, na ...
14 December
Omaggio a Gheorghe Dinica Proiezione del film "Filantropica" (regia Nae Caranfil, 2002)
“Filantropica” è uno dei film che più rendono giustizia al ...
12 December
Årets Nobelpristagare i litteratur Herta Müller gästar Dramaten
Foto: Cato Lein 12.12.2009, Dramaten, Nybroplan, Stockholm I samband med Nobelveckan kommer ...
10 December
Romanian Festival @ Peninsula Arts - University of Plymouth
13 & 14 November 2009. Films until 18 December. Twenty of Romania's most influential and ...
10 December
Lesung und Gespräch mit Ioana Nicolaie
Donnerstag, 10. Dezember, um 19.30 Uhr Ort: Szimpla Café Gärtnerstrs.15, ...
 
 

Our Partners

Razvan Lazar_Dunkelkammer SENSO TV Eurotopics Institutul Cultural Roman Economic Forum Krynica Radio Romania Muzical Liternet Radio France International Romania Suplimentul de cultura Radio Lynx